« Chaque instant, chaque chose, chaque rencontre, chaque accident, chaque événement, C’EST le Gourou. Tout est là pour vous montrer le chemin. Seulement, on ne s’en aperçoit pas. On prend les choses comme d’habitude, comme on a les habitudes de les prendre. Mais si l’on savait regarder, chaque chose EST le Gourou. C’est-à-dire que chaque chose est celui qui vous apprend, qui vous indique le chemin. Chaque rencontre, chaque homme, chaque accident, chaque incident – c’est ça le Gourou. Pourquoi voulez-vous ça dans une peau… dans une peau vêtue de vêtements blancs et… accroupie? » – Satprem
Pondicherry. Un matin pour admirer le Golfe du Bengale ainsi qu’une Indienne en train d’orner le devant de sa maison de dessins faits avec de la farine de riz. Cette tradition que l’on nomme kolam, dans le Tamil Nadu, est transmise de mère en fille et a pour but d’inviter les divinités à l’intérieur de leur maison. La farine de riz permet de nourrir les fourmis. L’Inde abonde de petits gestes qui sont d’une grande simplicité, d’une grande pureté.
Cette aspiration spirituelle que l’on a, notre âme l’a préparée pendant des années et qui sait, peut-être pendant de nombreuses vies? Il n’y a rien d’impossible… ce qui est impossible c’est la limite que l’on s’impose. Il y en aura toujours pour vous dire qu’il est bon de connaître ses limites… mais je crois qu’il est bon d’avoir confiance en soi, d’avoir confiance en cette Force de Vie qui cherche, par tous les moyens, à ouvrir ce potentiel infini contenu dans cette coquille humaine que l’on habite tous.
Pondicherry c’est beaucoup l’histoire de Sri Aurobindo (un des grands maîtres spirituels de l’Inde), de la Mère: une Française du nom de Mirra Alfassa, qui deviendra la compagne spirituelle de Sri Aurobindo et de Satprem qui sera le témoin et le confident de Mère.
Il y a trente ans, à Montréal, j’avais rencontré David Montemurri qui venait de réaliser le film «L’Homme après l’homme» dans lequel Satprem répond au réalisateur qui lui pose, au cours de cet interview, un certain nombre de questions concernant la crise de civilisation que nous traversons actuellement et l’avenir du monde moderne.
Avant-hier, j’ai reçu de mon ami Alain (Nyala) un vidéo clip montrant des extraits de ces entrevues (voir ces extraits en bas de page).
Qui est Satprem? De son premier nom Bernard Enginger, il est né en 1923 à Paris, enfant de marin breton et arrêté par la gestapo alors qu’il avait 20 ans. Par la suite, il sillonne le monde – l’Inde, l’Afrique, l’Amérique du Sud – à la recherche de la «vraie aventure». À 30 ans, il retourne en Inde, devient mendiant «sannyasin», avant de se mettre au service de Sri Aurobindo et de Mère. En 1960, il entame son oeuvre: essais, romans, contes. Sa mission la plus importante sera de rassembler et publier, l’Agenda de Mirra Alfassa, en 13 volumes. Satprem meurt le 9 avril 2007.
Toujours cette pluie qui tombe. Il est environ 20h30 et je suis attiré par le chant de mantras qui sortent du bout d’une petite rue de Pondicherry. Je m’approche. J’écoute. J’observe la cérémonie (pûjâ) officié par les brahmanes (caste des prêtres). Pour les hindous, ces rituels très anciens sont un pont pour établir un contact avec les mondes invisibles. Ici, à l’intérieur du temple, les offrandes faites dans le feu sont pour ManonMani, épouse du dieu Shiva. Elle est un autre aspect de Parvati. Il y aura cinq jours de rituels pour lui redonner son pouvoir, son énergie afin qu’elle le redonne à Shiva car elle est sa Shakti (son énergie).
J’ai filmé et on m’a laissé faire. On ne m’a rien demandé. On ne m’a rien interdit. Je vis souvent cela en Inde: ce laissez être (let it be). À la fin de la pûjâ, on est venu me voir et on m’a invité à venir assister aux derniers moments du rituel lundi matin.
Je retourne chez moi, sur Vysial Street, avec le coeur rempli de mantras, ces formules sacrées qui viennent d’un temps si reculé qu’on ne peut leur donner avec précision un âge. Je sais que dans le mantra, ce n’est pas la signification des mots qui est essentielle, c’est l’énergie de la vibration sonore qui compte. Arthur Avalon décrivait le mantra comme «une masse d’énergie rayonnante». C’est comme cela que je le perçois.
Je sais que je vais réaliser le montage d’un vidéo clip de ces images que je viens de filmer, de cette vibration sonore qui s’est enregistrée. Et au montage, je vais lui donner un nouveau rythme que je vais partager avec vous.
Il pleut. il pleut même beaucoup. Je sors avec la caméra et je marche dans les rues de Pondicherry. Je capte des images, je filme. Il y a de la beauté dans cette pluie comme il y a de la beauté dans ce visage d’un homme qui regarde la rue inondée d’eau. Ces carnets de voyages existent pour que je puisse transmettre ce que je vois, ce que j’expérimente… et le «vidéo clip» est un très bon moyen pour communiquer l’essence de ce que mon âme perçoit.
Pondicherry. Seize heures d’avion pour arriver à Chennai et de là, trois heures de route pour me rendre à Pondicherry. Vers quatre heure du matin, assis sur le siège avant de la voiture, je regarde ce défilement de pèlerins vêtus d’un tissu orangé marchant des centaines de kilomètres pour se rendre en ce lieu sacré qu’ils vénèrent depuis toujours.
Ce pays que j’ai connu pour la première fois il y a tout près de trente ans et l’Inde que je découvre encore aujourd’hui en 2010, a toujours préservé le sens du «sacré». Le pèlerinage est au coeur de leurs existences peu importe si l’Indien est hindou, bouddhiste, jaïn, sikh, musulman ou chrétien. Le mot voyage est associé à pèlerinage et le voyage que j’entreprends est imprégné de ce sentiment d’ouverture face au «sacré».
Je quitte Montréal. Je me retrouve pour la Xième fois au-dessus des nuages à plus de 35 milles mètres. Je fais un arrêt à Frankfurt et un dernier atterrissage à Chennai. Je vais bientôt retrouver cet autre chez moi… Pondicherry. Je retrouverai aussi ces milles odeurs, cet enchantement de couleurs et tous ces sourires. Demain ce sera l’écriture d’un nouveau chapitre indien.
« Nous pouvons créer ensemble un monde où hommes et femmes partagent leurs idées, leurs visions, leurs rêves. Parce qu’ils sont différents, leurs rêves seront différents, leurs contributions à la société seront différentes. Et si l’on crée une société à laquelle les hommes et les femmes participent de façon égale, ce sera pour la première fois la société la plus riche du monde. » – OSHO